Article paru dans Le Matricule des Anges Numéro 20 de juillet-août 1997
Sur La Dernière Lande
de Claude Esteban
Voici un exercice peu pratiqué par les poètes français
aujourd'hui :: s'inspirer d'un texte -ici, Le Roi Lear-
et composer, comme traduit de sa propre émotion, un texte
en regard, vers ou prose. Sur La Dernière Lande répond
à ce jeu de variations et d'échos, évitant
soigneusement les références, évoquant d'une
manière toute personnelle l'histoire de ce roi qui crut
en lui-même. Dans ce livre de "chansons", langue
anglaise et langue française se côtoient ou se reflètent
sans jamais se ressembler : "Je t'ai chassée,
je t'ai/ cherchée, je te retrouve maintenant// sur un champ
d'asphodèles, plus/ morte qu'une pierre// plus belle que
ces fleurs qui passent,/ mon coeur le sait". OEuvre qui
puise sa profondeur dans des airs de nostalgie et de mélancolie,
Sur La Dernière Lande confirme la qualité
d'écriture du poète Claude Esteban. Un moment de
grâce.
Marc Bl.
Sur La Dernière Lande
de Claude Esteban
Fourbis
94 pages, 75 FF
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