Article paru dans Le Matricule des Anges
                               Numéro 20 de juillet-août 1997

Les Amnésiques n'ont rien vécu d'inoubliable

de Hervé Le Tellier

Chaque jour, à 13h30 sur France Culture de joyeux drilles jouent les papous en s'essayant à des jeux oulipiens. Hervé Le Tellier n'y est pas le dernier de la classe. L'auteur du l'excitant roman Le Voleur de nostalgie (Seghers, 1992) a dû apprécier le jeu qui consiste à prononcer une phrase commençant invariablement par "Je pense que", comme s'il fallait, invariablement, définir le monde en répondant à la seule question : "Dis, à quoi tu penses?" Dans ce livre, Hervé Le Tellier y répond mille fois. Une manière de "je pense donc je suis", une autobiographie dessinée au trait fin de l'humour, de la légèreté et, parfois, de la sincérité. Cela donne des images tendres : "Je pense que je ne saurais pas distinguer une jeune fourmi d'une vieille." Des drôleries : "Je pense que j'hésite souvent à parler de moi, de crainte que mon interlocuteur ne se croie autorisé à parler de lui." Mais aussi quelques fadeurs qui feront dire à certains : "je pense que mille, c'est beaucoup."

Les Amnésiques n'ont rien vécu d'inoubliable

de Hervé Le Tellier

Le Castor Astral

132 pages, 85 FF

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