Panorama littéraire

L’Italie est devenue un pays unitaire très tardivement par rapport à la France, pour laquelle l’État-nation, et sa langue nationale fond cohésion. Ce n’est qu’en 1870, que les nombreuses provinces se sont retrouvées unies sous un seul État. Jusque-là, durant des siècles, ont régné des luttes entre villes adverses. Cet État, les italiens ne s’y identifient pas encore vraiment. Aussi, cohabitent en Italie plusieurs centres culturels, Milan, Rome, Bologne, Naples…
Ouverte sur ses diverses frontières, encline au dialogue, à la fois cosmopolite et provinciale, l’Italie est un des pays qui traduit le plus au monde. Pour pour qui est de la France, il faudra attendre le milieu des années 80 pour que ses éditeurs s’intéressent vraiment à la littérature italienne, et à son roman. Il faut dire que le roman italien apparaît tardivement, avec Les Fiancés de Manzoni (1826). Et qu’il faudra attendre Les Malavoglia du Sicilien Verga (1881) pour qu’une esthétique du roman, le vérisme, inspirée du positivisme, s’impose. Et ce jusqu’au début du XXe siècle.
Le vérisme et sa tendance régionaliste laisse place peu à peu à d’autres mouvement, plus ouverts. D’Annunzio affiche un décadentisme européen, Svevo écrit en 1923 La Conscience de Zeno. De 1926 à 1934, la revue Solaria édite des textes de Kafka, Proust, Joyce, Hemingway, ainsi que de jeunes auteurs antifascistes inconnus : Gadda, Vittorini, Pavese, Tozzi ou Manzini… Avec L’Affreux pastis de la rue des merles, Carlo Emilio Gadda s’impose dès lors comme l’un des grands auteurs du siècle. Son inventivité narrative, son travail de contamination constante de l’italien par divers dialectes le placent à côté de Joyce.
Après la guerre et la chute du fascisme, une volonté d’ancrer la littérature dans l’engagement s’impose. Déjà, avec Conversation en Sicile, Elio Vittorini, dans un style dialogué inspiré des auteurs américains qu’il traduisait (D.H. Lawrence, Faulkner, Hemingway, Saroyan), avait ouvert le pas de la remise en question. Son livre sera censuré en 1943, par l’entremise avisée du Vatican.
Désormais, occupent la scène littéraire les noms de Calvino, Moravia, Sciascia, Malaparte, Pavese, Rigoni Stern, Primo Levi. Ce dernier, né à Turin en 1919 d’une famille d’origine juive, rescapé Auschwitz, n’aura de cesse, jusqu’à son suicide, d’écrire (Si c’est un homme, 1947), pour résister face à la mort et contre l’oubli.
Dans les années 60, un mouvement d’avant-garde, le "groupe 63", fonde ses recherches linguistiques sur le refus de la psychologie, de l’idéalisme propres au roman néoréaliste. Edoardo Sanguineti, Nanni Balestrini, Giorgio Manganelli ou Alberto Arbasino seront les piliers de cette littérature expérimentale des années 60-70.
Une volonté de se débarasser de l’idéologie réaliste de l’après-guerre et de la gangue formaliste des années 60 anime le récit des années 80-90. De nos jours, les noms les plus connus sont Umberto Eco et Antonio Tabucchi. Vincenzo Consolo est l’un des meilleurs romanciers du pays, qui n’hésite pas à s’engager dans le débat politique et culturel. Il faut également citer le Triestin Claudio Magris, Susanna Tamaro, Rosetta Loy, sans oublier Erri De Luca… Certains genres, comme le fantastique ou le roman policier, sont arrivés en Italie très tardivement. Ils ont désormais beaucoup de succès, notamment sous les plumes de Stefano Benni et Andrea Camilleri.
En 1996, paraissait une anthologie "Gioventù cannibale", réunissant de jeunes auteurs qui, par leur univers violent, imbibé de culture américaine, rock et trash, déclencha de nombreuses polémiques. Les noms de Giuseppe Culicchia, Enrico Brizzi, Niccolò Ammaniti, Tiziano Scarpa sont apparus sous le label « cannibales ». Reste à savoir lesquels d’entre eux pourront s’en détacher et se faire une place singulière dans le monde des lettres italiennes. À suivre…
En théâtre, le digne successeur de Pirandello s’appelle Dario Fo, prix Nobel de littérature en 1997.
Parmi les poètes italiens, il nous faut citer Pasolini, (le citer aussi en théâtre, essais, roman, cinéma…) Naldini, cousin de Pasolini, Caproni, Luzi, Sereni… Puis Zanzotto, Spaziani, Mussapi, Orengo, Merini… Et souhaiter toujours plus de traductions, sans oublier de saluer de travail accompli par Bernard Simeone, pour faire connaître en France la diversité et la richesse de la littérature italienne.
Pour une liste d'auteurs plus exhaustive, il faudra consulter la bibliographie.

Littérature

Culture

Liens

Panorama
Auteurs
Bibliographie
Arts
Musique
Cinéma
Édition
Culture
Gastronomie