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Envoi de Jean-Josè Mesguen
Montpellier, FRANCE

27 mai 2000

Littérature : le droit au titre

Me Emmanuel Pierrat, bien connu comme spécialiste de la propriété littéraire et auteur du Droit de l'édition appliqué, défendra devant le Tribunal de Paris rien moins que l'application de la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique tout entière, tant dans sa lettre que dans son esprit. On y lit: " L'auteur jouit du droit au respect de son nom, de sa qualité et de son uvre. Ce droit est attaché à sa personne. Il est perpétuel, inaliénable et imprescriptible. "
Le philosophe et écrivain Manuel de Diéguez qui est édité tour à tour par le Seuil, Gallimard, Plon, Albin Michel, les PUF et Fayard depuis quarante ans, avait signé en 1999 un contrat pour la publication, en mars 2000, de son Introduction à l'anthropologie historique avec la Maison Calmann-Lévy, alors présidée par M. Olivier Nora, actuel directeur de Grasset. M. Denis Bourgeois, directeur de Calmann-Lévy depuis le début de l'année, refuse le titre précédemment convenu entre M. Nora et M. de Diéguez .
Les éditions Calmann-Lévy entendent en outre interdire à l'auteur d'informer le public, en quatrième de couverture, de ce que son Introduction est davantage qu'un v u pieux et qu'elle sera suivie d'ouvrages consacrés à l'anthropologie historique annoncée, science à laquelle Manuel de Diéguez travaille depuis dix ans et qui est maintenant très élaborée. Afin de dénaturer l'Introduction sans seulement avoir lu une page de l'anthropologie historique proprement dite, les éditions Calmann-Lévy en ont, de surcroît, changé d'autorité le titre en celui, exclusif, de Contre l'école des Annales.
Manuel de Diéguez ayant refusé ces conditions, auxquelles l'éditeur subordonnait l'exécution du contrat, M. Denis Bourgeois l'a assigné devant le Tribunal de Paris, en invoquant l'indocilité du philosophe pour demander l'annulation de la publication, alors même que l'ouvrage est imprimé et les épreuves corrigées ; mais, afin de tenter de légitimer cette procédure, Calmann-Lévy y a introduit des allégations erronées d'une gravité telle que Manuel de Diéguez a porté plainte.
S'agit-il d'une offensive générale du groupe Lagardère contre la loi du 11 mars 1957? D'un côté, M. Cohen-Séat, Président délégué, a plusieurs fois soutenu M. de Diéguez, reprochant ses " abus de pouvoir " à M. Bourgeois, notamment à l'occasion d'une première tentative de rupture unilatérale du contrat. D'un autre côté, M. Lisimachio, Directeur de Hachette-littérature, commentant une lettre du Directeur de Cabinet de M. Jean-Luc Lagardère écrit: " Les maisons d'édition du groupe disposent d'une entière autonomie éditoriale, et la décision de publier en est la clé de voûte. " N'est-ce pas reconnaître que l'éditeur serait libre de publier ou non un ouvrage pourtant sous contrat ?
Beaucoup d'auteurs acceptent désormais de n'être plus que les " fournisseurs " de leur " employeur ". Considérant qu'il s'agit d'un problème de civilisation, Manuel de Diéguez a mis le débat sur son site (www.dieguez-philosophe.com, cliquer sur " Informations continues " et sur " Alerte " ), qui se trouve interconnecté avec les sites ouverts sur sa recherche au Canada.

Jean-Josè Mesguen

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