| |
Pour Noël
Le Matricule des Anges N°48 vient de paraître. Avec ses 64 pages, il devrait vous valoir de passer le cap de Noël. Le suivant ne viendra quà laube de lannée nouvelle histoire de redémarrer avec une fréquence toujours mensuelle mais qui vaudra de retrouver les anges chaque premier du mois.
Cest le Prix Médicis étranger qui en fait la une (on a été super rapides, hein ? En fait, on avait programmé ce dossier avant que Enrique Vila-Matas nobtienne le prix). Venu à Bordeaux pour la dernière du Carrefour des Littératures, nous en avons profité pour prendre le temps dévoquer avec cet homme du livre (catalan mais comme il le dit, reprenant Gombrowicz : « quand jécris je ne suis ni polonais, ni chinois »). Ses propos dépassent largement le cadre de son uvre pour évoquer limportance de la littérature et les dangers qui la guettent. Revenant de Chambéry, le week-end dernier, lécrivain Christian Garcin (invité pour le festival Les Automnales) me confiait que, sil avait lu les réponses de Vila-Matas à nos questions il naurait eu quà les lire lors du débat de laprès-midi (il avait été associé à Eric Faye, beau duo). Bref, tout ça pour dire qua priori toute personne qui sintéresse à lécriture devrait trouver du grain à moudre dans les propos de lauteur de Le Mal de Montano.
Léditeur choisi ce mois-ci est une femme et une Québécoise : Brigitte Bouchard a créé Les Allusifs qui sintéresse essentiellement au roman court. Battante énergique, léditrice est venue en France proposer ses découvertes dont lécrivain Sylvain Trudel.
Autre invité : Serge Joncour dont le physique est assez à la mode du côté de lAustralie en ce moment. Ce géant est un taiseux qui parle remarquablement juste. Si vous navez pas encore lu U.V. (Le Dilettante), vous risqueriez den avoir bougrement envie après avoir lu son interview. Une autre figure attachante : la comédienne et dramaturge Pauline Sales dont les propos donnent cette forte évidence qui signe les auteurs de caractère. Cest à lire, vraiment. Mais bon, dire ça, évidemment, ça passera pour de lautopromotion. Bon alors disons que Le Matricule des anges N°48 vient de paraître en librairies et maisons de la presse.
Saint-Nazaire endeuillée
Le festival Meeting (voir agenda) qui devait se tenir les 21, 22 et 23 novembre à Saint-Nazaire vient dêtre reporté probablement en février. Les rencontres avec les auteurs, venus dun peu partout dans le monde, devaient se tenir dans lenceinte dEscalAtlantic, musée in situ qui vous fait pénétrer dans les grands transatlantiques de lHistoire. Le festival devait aussi fêter la parution du livre sur le Queen Mary 2. La catastrophe du week-end qui a vu toute la ville plongée dans leffroi rend impossible la manifestation. Patrick Deville, son organisateur pour la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs de Saint-Nazaire a été contraint dappeler les auteurs invités pour leur dire de ne pas venir. Ça devait être la première édition de cette manifestation ambitieuse. Souhaitons à ses organisateurs et à la Ville de Saint-Nazaire de trouver lénergie pour faire de Meeting un rendez-vous réussi en février et une uvre forte pour aider, si possible, les familles des victimes de la chute de la passerelle.
Un nouveau mensuel
Il faut croire que moins les gens lisent de livres plus les magazines littéraires sont nombreux. Après Le Matricule des anges passé mensuel en septembre (mais ça vous le savez) voici quon annonce la parution dun nouveau mensuel : Topo. Animé par une ancienne de France Culture, Isabelle Rabineau, ce nouveau venu reçoit toute la logistique du groupe Alvisa (qui publie Synopsis). Il devrait sortir le 21 novembre. On nen sait guère plus (sauf que Dominique Poncet, lécrivain et directeur de feue La Main de Singe y collaborera ainsi que des libraires auxquels des pistes de lecture seront demandées). Ambitieux, le magazine annonce un tirage de 100 000 exemplaires et met Bashung en une du premier numéro.
On vous tient au courant dès quon en sait plus
Un nouveau site
Le site de François Bon et ses amis nous apporte chaque mois son soutien en se faisant le relais de nos parutions. Lami François Bon en profite pour regretter le temps où la rubrique dactualité suivait un rythme plus soutenu. Il est marrant François : à force les amphétamines ne font plus deffets. Sil met cette nonchalance du site sur le registre du « pas de temps » et du « pas rentable » (ce qui nest pas faux), la vérité veut quon ajoute aussi la notion de « pas denvie »
Lactualité littéraire de plus en plus semble se dire soit dans la langue marketing, soit dans la langue des copains : bref, une mixture souvent indigeste. On senlise là-dedans. Cest difficile à expliquer : limpression que le monde littéraire est un sous-marin sans hublot dont la vie semble tournée seulement sur ses soutes. Les débats donnent lieu à des entreprises de promotion, les dialogues à des échanges de slogans. La plupart des professionnels du livre ne lisent guère (faut voir comment ils nous félicitent quand paraît un de leurs bouquins sans trop savoir ce quon a écrit dans les derniers numéros). Bref, un peu de ras-le-bol du petit milieu qui en ces temps de manipulation médiatique préfère jouer en division de sous-ligue plutôt que de combattre la dérive putassière du système. Évoquer cette actualité nécessite du temps, de la rigueur, mais au bout du compte on risque de ne passer que pour des râleurs, des aigris ou, ce terme dont raffolent les journalistes de salons, des « provinciaux ».
Du coup on réfléchit un peu (faut pas exagérer) à une nouvelle mouture du site. Histoire de vous proposer quand même de quoi nourrir les insomnies et les colères, les soirées dhiver et les coups de cur. En attendant passez le bonjour aux incroyables activistes de remue.net, et encouragez-les à tenir la barre.
António Lobo Antunes en vidéo
Venu en septembre à Montpellier pour une rencontre organisée par la librairie Sauramps (rencontre pour laquelle nous jouâmes les poseurs de questions), lécrivain portugais António Lobo Antunes a accepté de nous accorder un entretien publié dans Le Matricule des anges N°47. Nous en avons profité pour filmer linterview et nous vous proposerons sur le site den retrouver quelques extraits.
Lentretien porte essentiellement sur son dernier roman traduit en français : Que ferai-je quand tout brûle ? (Christian Bourgois, 710 pages, 27 euros). Cest un roman dune puissance assez incroyable qui trace le portrait dun travesti, de son fils (qui voit en son père tantôt une femme, tantôt un homme et qui doute de sa réelle paternité) et de ceux qui les entourent. Roman sur lidentité, sur la douleur, la quête dune autre vie impossible.
Appel aux bonnes utopies
On pose la question aux auteurs : « Quelle révolution souhaitez-vous ? » dans chaque numéro du Matricule depuis celui de septembre. Mais ici, on pourrait aussi vous la poser. Lecteurs, « Quelle révolution souhaitez-vous ? ». On lira ici même vos réponses (Thierry@Lmda.net).
Bonnes lectures !
|